Interview – FAREVA, site de Tournon-sur-Rhône (07)
Bernard Fraisse, fondateur et Président-directeur général de Fareva
« Notre responsabilité, c’est de sécuriser ce que l’Europe consomme au quotidien »
L’Écho de la Réussite – Fareva est aujourd’hui le plus grand fabricant européen de produits pharmaceutiques, cosmétiques et ménagers. Comment résumeriez-vous votre rôle dans l’économie européenne ?
Bernard Fraisse –
Fareva est avant tout un acteur de la sécurité industrielle. Nous fabriquons des produits qui touchent directement à la santé, à l’hygiène et au quotidien des consommateurs. Dans ces métiers, il n’y a pas de place pour l’approximation. Notre responsabilité est claire : produire de manière fiable, conforme et continue, quels que soient les volumes ou la complexité réglementaire.
L’Écho de la Réussite – Le site de Tournon-sur-Rhône est souvent cité comme un pilier industriel du groupe. Pourquoi est-il stratégique ?
Bernard Fraisse –
Tournon-sur-Rhône est un site clé, parce qu’il incarne exactement ce que nous défendons : produire en Europe, avec des standards européens, pour servir des marchés exigeants.
C’est un site industriel dimensionné pour la grande série, capable de répondre à des besoins pharmaceutiques, cosmétiques et ménagers avec le même niveau d’exigence. Il joue un rôle structurant, à la fois pour le groupe et pour le territoire.
L’Écho de la Réussite – La sous-traitance industrielle a profondément évolué ces dernières années. Comment l’analysez-vous ?
Bernard Fraisse –
La sous-traitance n’est plus un simple choix de capacité. Elle est devenue un choix stratégique.
Nos clients ne cherchent pas seulement un fabricant, ils cherchent un partenaire industriel, capable de sécuriser leurs lancements, leurs volumes, leurs délais et leur conformité réglementaire. C’est cette relation de confiance sur le long terme qui fait la différence.
L’Écho de la Réussite – Quels sont aujourd’hui les principaux défis auxquels Fareva doit faire face ?
Bernard Fraisse –
Ils sont nombreux et simultanés :
- une pression réglementaire croissante,
- des chaînes d’approvisionnement à sécuriser,
- une exigence de qualité absolue,
- et la nécessité d’investir en permanence dans l’outil industriel.
Dans nos métiers, la performance ne se voit pas toujours. Elle se mesure à l’absence de rupture, à la constance des lots, à la confiance des autorités et des clients.
L’Écho de la Réussite – Votre diversification entre pharmacie, cosmétique et produits ménagers est-elle un choix délibéré ?
Bernard Fraisse –
Oui, c’est un choix structurant. Cette diversification permet de lisser les cycles économiques et de renforcer la résilience du groupe.
Mais elle impose aussi une discipline industrielle très forte, car chaque secteur a ses propres normes et contraintes. C’est précisément cette capacité à gérer la complexité qui fait la force de Fareva.
L’Écho de la Réussite – La question de la souveraineté industrielle européenne est au cœur de nombreux débats. Quel est votre regard ?
Bernard Fraisse –
La souveraineté industrielle n’est pas un concept théorique. C’est une réalité opérationnelle.
Produire en Europe, c’est garantir la sécurité d’approvisionnement, la maîtrise des standards et une réactivité que l’on ne peut pas toujours obtenir avec des chaînes trop lointaines. Des sites comme Tournon-sur-Rhône sont essentiels pour préserver cette autonomie.
L’Écho de la Réussite – Comment voyez-vous l’évolution de Fareva dans les années à venir ?
Bernard Fraisse –
Notre priorité reste l’excellence industrielle. Cela passe par l’automatisation, l’optimisation énergétique, la formation des équipes et l’amélioration continue des process.
Nous ne cherchons pas une croissance spectaculaire, mais une croissance durable, maîtrisée et cohérente avec nos responsabilités industrielles.
L’Écho de la Réussite – Un message pour conclure ?
Bernard Fraisse –
On parle souvent des marques, rarement de ceux qui fabriquent.
Pourtant, sans industrie solide, il n’y a ni sécurité, ni innovation, ni continuité.
Chez Fareva, notre fierté est simple : être là chaque jour, dans l’ombre, pour que les produits essentiels arrivent là où ils sont attendus.