Longtemps, Swile a été “la carte resto cool” de la French Tech. Aujourd’hui, Loïc Soubeyrand cherche autre chose : transformer un produit de niche RH en plateforme de paiement du quotidien salarié, avec une obsession devenue centrale depuis 2023-2024 : la rentabilité.
Du serial entrepreneur à la “worktech” à grande échelle
Soubeyrand n’est pas un fondateur sorti de nulle part. Avant Swile, il cofonde Teads (publicité vidéo) puis lance Lunchr, devenu Swile, avec l’idée de moderniser les avantages salariés et l’expérience de paiement.
En 2022-2023, l’opération structurante, c’est l’alliance avec BPCE via Bimpli, présentée comme la création d’un leader des avantages salariés en France.
Le virage “adulte” : prouver qu’un modèle d’avantages salariés peut gagner de l’argent
C’est là que son pilotage devient intéressant. Après l’euphorie des licornes, Swile se met à parler la langue des patrons de boîte rentable.
- En 2024, L’Agefi rapporte que Swile a dégagé 8 M€ de bénéfice au 1er semestre 2024, un signal fort après l’intégration et la remise à plat de l’offre.
- En 2025, La Tribune évoque Swile et son dirigeant à l’occasion des résultats 2024, avec un cap symbolique annoncé : 6 millions d’utilisateurs de la carte.
Le message est clair : on sort du storytelling, on entre dans le “proof”.
Son style de management : confiance, vitesse, culture
Soubeyrand aime le management “confiance + exécution”. Il est souvent présenté comme un dirigeant très culture produit, très terrain, qui cherche à faire fonctionner l’entreprise comme un système rapide : décider, tester, itérer. (Il en parle régulièrement dans des prises de parole d’écosystème et interviews.)
Ce qu’il est en train de construire, concrètement
Swile ne veut plus être seulement “titres-resto”. L’ambition est une expérience unifiée : avantages salariés + gestion + paiement + (selon les offres) frais pro, avec un discours simplificateur : tout au même endroit, simple pour le salarié, simple pour la boîte. C’est la définition même d’une worktech.
Les 3 batailles qui vont décider de la suite (version Challenges)
- La bataille produit : rester aimé des utilisateurs, pas seulement “utilisé”.
- La bataille économique : tenir la rentabilité dans la durée (pas juste un bon semestre).
- La bataille marché/réglementation : sur les titres-resto, le cadre bouge souvent — et chaque changement redistribue les cartes (gros enjeu pour tous les acteurs).
Le verdict “réussite”
Loïc Soubeyrand est en train de faire ce que peu de patrons de licornes réussissent : passer de la croissance “sexy” à la performance “solide”, sans perdre l’ambition. S’il réussit la suite, Swile ne sera plus un symbole French Tech : ce sera une infrastructure RH/paiement du quotidien.